La guerre par procuration plutôt que l’apocalypse
Alors que le monde retient son souffle, guettant un tweet ou un ordre du Bureau Ovale qui embraserait le Moyen-Orient, la géographie semble dicter à Donald Trump une retenue forcée. L’homme d’affaires sait qu’une guerre frontale contre l’Iran transformerait les « ruches de luxe » du Golfe en brasiers, ruinant l’économie mondiale et sa propre présidence.

Dès lors, la « guerre d’Iran sans l’Iran » se dessine comme une stratégie de l’évitement. Plutôt que de lancer ses armées dans le bourbier yéménite ou le piège persique, l’Amérique pourrait choisir la voie du moindre coût : s’emparer des joyaux insulaires (Socotra), sécuriser les verrous maritimes et laisser les mercenaires gérer la poussière des continents.

En somme, une guerre de positions maritimes où l’on encercle l’ennemi sans jamais toucher sa ligne rouge, transformant la confrontation militaire en un immense jeu de Go naval où Téhéran est étouffé, mais pas attaqué.

La géographie contre la technologie : Hedy Belhassine met en lumière une réalité souvent oubliée des analyses modernes : malgré les drones et les missiles hypersoniques, la géographie reste le maître du jeu.

La vulnérabilité asymétrique : L’article souligne un paradoxe crucial. Les alliés arabes des USA ont tout à perdre (des métropoles de verre et d’acier, une économie touristique fragile), tandis que l’Iran et le Yémen, habitués à l’austérité et protégés par un relief hostile, offrent peu de cibles décisives.
Cette asymétrie paralyse la puissance américaine qui ne peut frapper fort sans sacrifier ses protégés.
La stratégie de l’archipel : Hedy Belhassine identifie le glissement du conflit terrestre vers le contrôle maritime. L’enjeu n’est plus la conquête des populations (ingérable au Yémen), mais la maîtrise des points de passage (Bab el Mandeb, Ormuz). Celui qui tient les îles (Socotra) tient le commerce mondial.