L’analyse croisée de Françoise Thom et Laure Mandeville met en lumière une réalité brutale : l’Europe n’est pas face à une simple crise diplomatique, mais face à un système qui a érigé la subversion et la destruction de l’ordre libéral en raison d’État. La trajectoire poutinienne, ancrée dans les ornières du bolchevisme, utilise le chaos comme une arme de stabilisation interne et d’expansion externe. Face à cette « guerre totale » qui cible nos institutions, nos valeurs et notre cohésion, le diagnostic est sans appel : l’Occident ne peut plus se payer le luxe du relativisme ou de l’amnésie stratégique.
Les perspectives pour l’Europe imposent désormais une rupture avec la complaisance. Pour affirmer sa souveraineté, le continent doit se donner les moyens d’une autonomie réelle, dépassant la simple dimension militaire pour investir le champ de la guerre hybride et de la mémoire institutionnelle. La persévérance du Kremlin à vouloir expulser l’influence américaine pour instaurer une hégémonie russe doit trouver en face une Europe « vertébrée », capable de défendre son modèle de civilisation contre l’entrisme et la prédation oligarchique.






