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Une vision commune qui tienne compte de nos différences d’appréciation

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Le premier est de mettre à la disposition de décideurs tant civils que militaires ou d’experts (analystes, chercheurs, industriels, journalistes spécialisés, notamment) des « textes de référence », des analyses, des études, des articles traitant des enjeux actuels vus sous l’angle de la défense et de la sécurité,. Des textes de qualité qui ne soient pas « saucissonnés »…

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Fluctuat et mergitur

dans cette deuxième aprtie de noytrer evue de presse après les élections régionales de berlin et de Mecklembourg-Pomértanie Occidentale, essayons d'analyser les bouleversements politiques qui frappent l’Allemagne et la France en septembre 2026, marqués par une polarisation extrême des électorats. L'auteur souligne une symétrie frappante entre la montée de la gauche radicale et de la droite identitaire des deux côtés du Rhin, tout en notant que l'Allemagne subit ces chocs de manière progressive via son système fédéral. À l'inverse, la France risque un effondrement brutal en raison de sa centralisation excessive, ne bénéficiant pas des mêmes mécanismes de transition que son voisin. L'influence de puissances étrangères comme la Russie et les États-Unis est également identifiée comme un facteur aggravant de cette instabilité européenne. Enfin, l'article suggère que les fractures géographiques et identitaires actuelles pourraient mener à une crise démocratique majeure, voire à une forme de confrontation civile.

Fluctuat et mergitur
La devise de Paris promet qu’elle est battue par les flots sans jamais sombrer. A Berlin cette promesse ne tient plus — alors qu’à Paris, elle n’a encore jamais été mise à l’épreuve d’un vrai naufrage électoral. Le mécanisme, lui, est rigoureusement le même des deux côtés du Rhin : une gauche radicale qui apprend à parler aux gens plutôt qu’à leur faire la leçon, une droite radicale qui hésite entre se polir pour durer et rester brute pour convaincre, et deux parrains extérieurs — l’un à Washington, l’autre à Moscou — qui n’ont besoin de rien faire d’autre que d’applaudir au bon moment.

Ce qui diffère, ce n’est donc pas la nature du vertige, mais sa vitesse de propagation. L’Allemagne fédérale expérimente son basculement Land par Land, dans une mécanique de coalitions qui absorbe chaque choc avant qu’il ne se généralise — ce qui explique qu’il ait fallu trois scrutins et deux semaines pour que Berlin comprenne ce que la Saxe-Anhalt lui disait déjà le 6 septembre. La France, elle, concentre son pouvoir dans une seule élection, un seul homme ou une seule femme, un seul soir : le jour où le vertige y frappera, il n’aura ni Land ni laboratoire régional où se tester d’abord. Il frappera d’un coup, comme un raz de marée plutôt que comme une marée.

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« Ce ne sont que des remous passagers » — la France et l’Allemagne plantent leurs deux drapeaux côte à côte dans les mêmes eaux, et personne, pour l’instant, ne veut regarder par la fenêtre — Illustration IA © European-Security
C’est peut-être la seule vraie leçon que Paris peut tirer de Berlin cette semaine : non pas qu’elle serait à l’abri, mais qu’elle n’aura pas droit à l’avertissement progressif dont l’Allemagne, cahin-caha, a fini par bénéficier. Reste à savoir si l’o

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« CDU : Sehen Sie das auch ? »

Cette revue de presse décrit une crise politique majeure en Allemagne suite aux élections régionales du 22 septembre 2026, marquées par l'effondrement historique de la CDU. Le chancelier Friedrich Merz se retrouve totalement isolé après des défaites cuisantes face à l'extrême droite de l'AfD et à la gauche radicale de Die Linke. Les sources analysent cet échec à travers un manque d'empathie, des promesses non tenues sur la dette et une déconnexion avec les préoccupations locales. Cette instabilité fragilise non seulement le leadership national mais affaiblit également la position de l'Allemagne au sein de l'Union européenne. Malgré les critiques internes et l'émergence de successeurs potentiels comme Hendrik Wüst, le parti semble incapable de s'accorder sur une transition immédiate. En fin de compte, la presse allemande souligne une polarisation croissante de la société allemande qui rappelle les difficultés du paysage politique français.
Sehen Sie das auch ? — la question a enfin trouvé sa réponse
Le 7 septembre, la Süddeutsche Zeitung écrivait que la République fédérale n’était plus « immune » contre l’AfD. Le 22 septembre, on peut mesurer précisément l’ampleur de cette non-immunité : un Land entier privé de représentation CDU pour la première fois depuis 1949, une capitale fédérale virant à gauche sous une candidate qui invoque ouvertement Zohran Mamdani, et un chancelier réduit à promettre, seul sur une estrade, « Rückgrat, Standhaftigkeit und Geduld » — une antienne qu’il répète pour la sixième fois de la journée sans qu’elle convainque plus personne. La Berliner Morgenpost avait raison trop tôt : elle avait déjà nommé le perdant avant même que la note ne soit présentée dans son intégralité.

Ce qui a changé entre les deux scrutins, ce n’est donc pas le diagnostic — la presse allemande l’avait posé dès le 6 septembre — mais le silence qui l’entourait. Le réseau de la « République de l’ombre », qui se murmurait « Sehen Sie das auch ? » en coulisses en attendant sagement le verdict du 20, a eu sa réponse : oui, tout le monde voit la même chose. Mais voir ne suffit pas à agir — et c’est peut-être la leçon la plus frappante de cette séquence : ni Söder, ni Prien, ni les ministres-présidents réunis jusqu’à minuit dans la représentation de Rhénanie-Palatinat n’ont, à ce stade, transformé le constat en mouvement. « Es springt eben niemand », résume un participant aux discussions du week-end — personne ne saute le pas. C’est peut-être là, plus que dans les scores eux-mêmes, que se joue la suite : entre l’avertissement de Berthold Kohler sur le risque d’un basculement encore plus « brun » que « bleu », et l’incapacité manifeste de la CDU à produire ne serait-ce qu’un successeur, l’Allemagne semble suspendue entre deux vertiges — celui de l’AfD qui avance, et celui d’un centre qui ne trouve plus la force de se recomposer.

Reste une dernière question, que ce papier laisse volontairement ouverte pour la suite « Fluctuat et mergitur » : si l’Allemagne se découvre à ce point vulnérable à ses extrêmes, la France, dont le système électoral concentre bien davantage le pouvoir entre les mains d’un seul homme ou d’une seule femme, est-elle vraiment mieux protégée ?

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Thirteen Years of Consistency: Hedy, Yemen, and Arabia:

This article by Joël-François Dumont pays tribute to the analytical work of Hedy Belhassine, whose writings on Yemen and Saudi Arabia have demonstrated exceptional foresight since 2013. The author emphasizes that Belhassine’s predictions—particularly regarding the fragility of Saudi military power, which she described as a “paper tiger”—have been confirmed by current events in 2026. The text highlights the region’s reliance on personal alliances, such as the one with Donald Trump, rather than on stable treaties. Through a retrospective look at her articles, the author presents Yemen as a barometer of major global upheavals. This portrait of a committed observer blends political criticism, incisive humor, and a deep understanding of the realities of the Arab world.

The Art of Making People Laugh Without Ever Lying

Coluche would have loved Hedy Belhassine’s Yemen. Thierry Le Luron, no doubt, would have dreamed of impersonating his princes. For there is, in Hedy, a very French art of the killer line — one that says everything while appearing to say nothing — an art once thought reserved for cabaret stages, which he has methodically applied, for thirteen years, to one of the bloodiest files in the world.

Who else would have dared to sum up thirty-five months of bombing as “the stick and the carrot, to tame the donkeys”? Who would have thought to offer, in a single sentence, a $200,000 Bentley to every Saudi pilot “traumatized by having incinerated his Yemeni brothers” — without ever specifying which of the two, the trauma or the gift, is the more obscene? Who, finally, would have dared write that the army of the world’s fourth-largest military budget is, without its auxiliaries, nothing but “a paper tiger” — a phrase so accurate it took thirteen years to stop being true, and still hasn’t?

Hedy’s humor is never gratuitous. It is the vehicle, not the goal — a way of delivering an unpleasant truth without ever seeming to hammer it home. It is humor that triggers laughter first, and then, a second later, an uneasy silence: the one you feel upon realizing you just laughed at something that should make no one laugh. That, perhaps, is the real talent — and it is a rare one.

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Dreizehn Jahre Beständigkeit: Hedy, der Jemen und Arabien

Dieser Artikel von Joël-François Dumont würdigt die analytische Arbeit von Hedy Belhassine, deren Schriften über den Jemen und Saudi-Arabien seit 2013 von außergewöhnlicher Weitsicht zeugen. Der Autor betont, dass sich Belhassines Vorhersagen, insbesondere hinsichtlich der Anfälligkeit der saudischen Militärmacht, die sie als „Papiertiger“ bezeichnet, durch die aktuellen Ereignisse des Jahres 2026 bestätigen. Der Text beleuchtet die Abhängigkeit der Region von persönlichen Bündnissen, wie dem mit Donald Trump, anstatt von stabilen Verträgen. Anhand eines Rückblicks auf ihre Artikel stellt die Quelle den Jemen als Seismograf für große weltweite Umwälzungen dar. Dieses Porträt einer engagierten Beobachterin verbindet politische Kritik, bissigen Humor und eine tiefe Kenntnis der Realitäten der arabischen Welt.
Die Kunst, zum Lachen zu bringen, ohne je zu lügen.

Coluche hätte Hedy Belhassines Jemen geliebt. Thierry Le Luron hätte wohl davon geträumt, seine Prinzen zu imitieren. Denn in Hedy steckt eine sehr französische Kunst der tödlichen Pointe — jene, die alles sagt, während sie so tut, als sage sie nichts —, eine Kunst, die man einst nur den Kabarettbühnen zutraute und die er seit dreizehn Jahren methodisch auf eines der blutigsten Dossiers der Welt anwendet.

Wer sonst hätte gewagt, fünfunddreißig Monate Bombardierung mit „Zuckerbrot und Peitsche, um die Esel zu zähmen“ zusammenzufassen? Wer wäre auf die Idee gekommen, in einem einzigen Satz jedem saudischen Piloten, der „traumatisiert davon war, seine jemenitischen Brüder verbrannt zu haben“, einen Bentley für 200.000 Euro zu schenken — ohne je zu klären, was von beidem obszöner ist, das Trauma oder das Geschenk? Wer schließlich hätte gewagt zu schreiben, dass die Armee des viertgrößten Militärhaushalts der Welt ohne ihre Hilfstruppen nichts als „ein Papiertiger“ sei — eine Formel, so treffend, dass sie dreizehn Jahre brauchte, um aufzuhören wahr zu sein, und es bis heute nicht ist?

Hedys Humor ist nie beliebig. Er ist Mittel, nicht Zweck — eine Art, eine unangenehme Wahrheit zu vermitteln, ohne sie je einzuhämmern. Es ist ein Humor, der zuerst das Lachen auslöst, und eine Sekunde später ein beklommenes Schweigen: jenes, das man empfindet, wenn man merkt, gerade über etwas gelacht zu haben, worüber eigentlich niemand lachen sollte. Das ist vielleicht das wahre Talent — und es ist selten.

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Treize ans de constance : Hedy, le Yémen et l’Arabie

European Security rend hommage au travail d'analyse d'Hedy Belhassine, dont les écrits sur le Yémen et l'Arabie saoudite font preuve d'une clairvoyance exceptionnelle depuis 2013. L'auteur souligne que les prédictions de Belhassine, notamment sur la fragilité de la puissance militaire saoudienne qualifiée de « tigre de papier », se voient confirmées par l'actualité de 2026. Le texte met en lumière la dépendance de la région envers des alliances personnelles, comme celle avec Donald Trump, plutôt que sur des traités stables. À travers une rétrospective de ses articles, la source présente le Yémen comme un sismographe des grands bouleversements mondiaux. Ce portrait d'un observateur engagé mêle critique politique, humour incisif et une profonde connaissance des réalités du monde arabe.

L’art de faire rire sans jamais mentir

Coluche aurait aimé le Yémen de Hedy Belhassine. Thierry Le Luron, sans doute, aurait rêvé d’imiter ses princes. Car il y a chez Hedy un art très français de la formule assassine, celui qui dit tout en ayant l’air de ne rien dire — un art qu’on croyait réservé aux cafés-théâtres, et qu’il applique méthodiquement, depuis treize ans, à l’un des dossiers les plus sanglants du monde.

Qui d’autre aurait osé résumer trente-cinq mois de bombardements par « bâton et carotte pour domestiquer les ânes » ? Qui aurait pensé à offrir, en une phrase, une Bentley à 200 000 euros à chaque pilote saoudien « traumatisé d’avoir carbonisé ses frères yéménites » — sans jamais préciser lequel des deux, du traumatisme ou du cadeau, est le plus obscène ? Qui, enfin, aurait osé écrire que l’armée du quatrième budget militaire mondial n’est, sans ses supplétifs, qu’« un tigre de papier » — formule si juste qu’elle a mis treize ans à cesser d’être vraie, et qui ne l’est toujours pas ?

L’humour de Hedy n’est jamais gratuit. Il est le vecteur, pas la fin — une manière de faire passer une vérité désagréable sans jamais avoir l’air de la marteler. C’est un humour qui déclenche le rire d’abord, puis, une seconde plus tard, un silence gêné : celui qu’on ressent en réalisant qu’on vient de rire d’une chose qui ne devrait faire rire personne. C’est peut-être ça, le vrai talent — et il est rare.