L’imprévisibilité n’est pas une pathologie, mais une arme tactique destinée à saturer l’espace, tétaniser l’adversaire et transformer l’incertitude en levier de négociation (tarifs, OTAN).

Jérôme Denariez nuance toutefois ce constat : si cette grammaire de la rupture a des précédents historiques (de la ‘madman theory’ de Nixon au gros bâton de Roosevelt), Trump la personnalise à l’extrême. C’est là que réside le danger identifié par l’auteur : cette stratégie du choc offre des gains rapides mais s’érode avec le temps, poussant la Chine à l’autonomie et laissant les alliés sans boussole. Pour l’Europe, le message de ce diptyque est cinglant : face à une Amérique qui fait du désordre une doctrine, le ‘confort juridique’ ne suffit plus ; il faut redescendre dans l’arène des rapports de force.