« Alors que Moscou bombarde massivement les villes ukrainiennes et les infrastructures du pays, Donald Trump a demandé à la victime de ne plus se défendre avec tous ses moyens. Il attaque aussi la légitimité politique du président Volodymyr Zelensky, en réclamant de nouvelles élections. En revanche, le magnat offre à l’agresseur russe une perspective inespérée : il serait possible de conclure des accords économiques bilatéraux sans résolution du conflit, ni même cessation des hostilités.» — Piotr Smolar, correspondant du Monde à Washington (13 octobre 2026)
Après le gazole, la guerre de l’information
Le diesel russe est de nouveau autorisé, Kiev n’a pas été consultée et le consommateur américain n’y gagnera presque rien : voilà ce qui est acquis. Le reste, la menace sur le renseignement, le bridage de Starlink, les tractations autour de Lukoil, relève encore du soupçon. Il est légitime ; il n’est pas prouvé.
Trois faits résistent à toute contestation : le diesel russe est de nouveau autorisé, Kiev n’a pas été consultée, et le gain pour le consommateur américain est dérisoire. Le reste relève de la pression, du soupçon ou de l’intérêt privé, et nous l’avons classé comme tel. C’est la force d’une accusation : ne retenir que ce qui résiste.
Les prochains jours diront la suite. Le 18 octobre, la Maison-Blanche dira si elle applique le Graham Act ou si elle y déroge (Le Monde). Le 29, la prolongation des restrictions sur les actifs de Lukoil arrive à terme. Entre ces dates, la question que pose Eric Ciaramella reste ouverte : un cessez-le-feu énergétique n’a de sens que si Kiev peut menacer en retour des cibles militaires russes, ce que Washington n’a pas encore autorisé. Le 3 novembre, les électeurs américains diront ce qu’ils pensent de ce troc.
Il reste un front que ce texte n’a fait qu’effleurer, celui de l’information. Londres a annoncé un Centre national de défense de l’information, et Ed Miliband a mis en garde à Varsovie contre les attaques hybrides russes sur tout le continent. Kiev revendique de son côté ses frappes sur les centres de données de Yandex, sans que les spécialistes consultés constatent, à ce stade, une baisse démontrée des opérations d’influence russes. Que sait-on de l’ingérence russe, que peut-on prouver, et qu’a à offrir l’Ukraine à l’Europe dans cette guerre-là ? Nous y consacrerons notre prochain papier.






