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Une vision commune qui tienne compte de nos différences d’appréciation

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Le premier est de mettre à la disposition de décideurs tant civils que militaires ou d’experts (analystes, chercheurs, industriels, journalistes spécialisés, notamment) des « textes de référence », des analyses, des études, des articles traitant des enjeux actuels vus sous l’angle de la défense et de la sécurité,. Des textes de qualité qui ne soient pas « saucissonnés »…

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Merci Donald : Le chaos qui a rebattu les cartes du Monde

François de Vries décrit un basculement majeur de l'ordre mondial provoqué par la politique étrangère disruptive de Donald Trump. Face à l'épuisement des stocks militaires américains et à l'ambiguïté de Washington envers ses adversaires, les alliés traditionnels amorcent un mouvement de dissidence stratégique. L'Europe, menée par la France et rejointe par la Finlande, cherche désormais sa propre autonomie nucléaire, tandis que le Canada renforce ses liens avec l'Union européenne pour s'éloigner de l'influence de son voisin. Ce désengagement américain profite directement à la Russie et à la Chine, tout en provoquant une instabilité économique mondiale marquée par une grave crise énergétique. En définitive, François de Vries souligne comment l'effacement volontaire des États-Unis force les autres puissances à construire un monde post-américain pour assurer leur propre survie.

Les Bourgeois de Calais du XXIᵉ siècle

Il existe une image, née au XIVᵉ siècle et sculptée par Rodin cinq cents ans plus tard, de six notables marchant vers leur destin la corde au cou, résignés, pour épargner leur ville. L’Europe de 2026 n’en est pas encore là — mais le réflexe qu’elle affiche, collectivement, ressemble parfois davantage à cette soumission dignement mise en scène qu’à une révolte assumée. Chacun des faits documentés ci-dessus — Finlande, Canada, Ukraine, Arabie saoudite — montre qu’il est possible d’agir sans attendre l’autorisation de Washington. Et pourtant, aucun chef d’État européen n’a encore prononcé publiquement la phrase que tant de faits appellent : trop, c’est trop.

La question n’est plus de savoir si Donald Trump est responsable d’une part du chaos actuel — les faits, ici rassemblés, parlent d’eux-mêmes. Elle est de savoir combien de temps encore les nations concernées choisiront la prudence diplomatique plutôt que la franchise.

L’histoire enseigne que le vide laissé par le silence des modérés n’est jamais longtemps vacant : il se remplit, tôt ou tard, par ceux qui n’ont pas ce scrupule — et en Europe comme ailleurs, les partis qui n’attendent qu’une chose sont précisément ceux qui n’ont jamais eu peur de dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas.

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Abqaiq, Miami, Bab-el-Mandeb: The American Guarantee Put to the Test

Third Time’s Not the Charm
These three episodes resonate differently in the Gulf than they would elsewhere, and that difference lies in a conception of alliance that is not Washington’s own.
In Arab political tradition, and particularly in that of the Gulf monarchies, the spoken word — al-kalima — binds as much as a written treaty; loyalty to an ally who has requested assistance is not one diplomatic option among others, but a moral obligation whose breach is remembered for a long time. That same culture makes hospitality (diyafa) a cardinal value: welcoming, protecting, and responding to one who seeks help are acts that define honor as much as interest.

Measured against that standard, the Abqaiq-Miami-Bab-el-Mandeb sequence does not read merely as three strategic failures. It reads as three breaches of a word Riyadh believed it had received — in 2019, with a promised response that never came; in 2026, twice in a row, with a refusal of assistance requested by an ally who had, for its part, honored its own commitments for decades. For a culture in which loyalty is proven at the exact moment it is asked for, not in the comfort of rhetoric, that silence weighs heavier than a mere tactical disagreement.

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Abqaiq, Miami, Bab-el-Mandeb: Die amerikanische Garantie auf dem Prüfstand

Aller guten Dinge sind nicht drei
Diese drei Episoden hallen im Golf anders nach, als sie es anderswo täten, und dieser Unterschied liegt in einem Verständnis von Bündnis, das nicht dem Washingtons entspricht.
In der arabischen politischen Tradition, und insbesondere in jener der Golfmonarchien, verpflichtet das gegebene Wort — al-kalima — ebenso sehr wie ein schriftlicher Vertrag; Loyalität gegenüber einem Verbündeten, der um Beistand gebeten hat, ist keine diplomatische Option unter mehreren, sondern eine moralische Pflicht, deren Verletzung lange in Erinnerung bleibt. Dieselbe Kultur macht auch die Gast-freundschaft (diyafa) zu einem zentralen Wert: jemanden, der um Hilfe bittet, aufzunehmen, zu schützen und ihm zu antworten, sind Handlungen, die die Ehre ebenso sehr bestimmen wie das Eigeninteresse.

An diesem Maßstab gemessen liest sich die Abfolge Abqaiq-Miami-Bab-el-Mandeb nicht nur als drei strategische Fehlschläge. Sie liest sich als drei Verletzungen eines Wortes, das Riad zu haben glaubte: 2019, mit dem Versprechen einer Vergeltung, die nie kam; 2026, gleich zweimal hintereinander, mit der Verweigerung von Beistand, um den ein Verbündeter gebeten hatte, der seinerseits jahrzehntelang seinen eigenen Verpflichtungen nachgekommen war. Für eine Kultur, in der sich Loyalität im genauen Moment der Bitte beweist und nicht im Komfort der Rhetorik, wiegt dieses Schweigen schwerer als eine bloße taktische Meinungsverschiedenheit.

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فك الشيفرة: الكلمة والولاء

في هذا المقال، يحلل جويل-فرانسوا دومون تضائل الضمانات الأمنية الأمريكية تجاه البلدان الخليجية من خلال ثلاث محطات رئيسية تمتد من عام 2019 إلى عام 2026. ويشدد الكاتب على الشعور المتزايد ‘بالخيانة’ الاميركية في الرياض إزاء تقاعس واشنطن عسكريًا والإهانات العلنية التي وجّهها دونالد ترامب. وفي الوقت الذي تعطي فيه الولايات المتحدة الأولوية لمصالحها الاستراتيجية الخاصة، تعمل قوى مثل الصين وروسيا بنشاط على تعزيز قدرات خصومها الإقليميين. وردًا على ذلك، تتدخل دول مثل فرنسا والمملكة المتحدة، وحتى أوكرانيا، لسد هذا الفراغ الأمني. ويدفع هذا التحول الجيوسياسي دول الخليج إلى إعادة النظر في استمرار اعتمادها المالي والعسكري على حليف بات يُنظر إليه على أنه غير موثوق ولا يمكن التنبؤ بتصرفاته.
في التقليد السياسي العربي، وخصوصًا في بلدان الخليج، تُلزم الكلمة المعطاة بقدر ما تُلزم أي معاهدة مكتوبة؛ فالوفاء لحليف طلب المساندة ليس خيارًا دبلوماسيًا من بين خيارات أخرى، بل واجب أخلاقي يبقى التقصير فيه ماثلًا في الذاكرة طويلًا. وهذه هي الثقافة ذاتها التي تجعل من الضيافة قيمة محورية: فاستقبال من يطلب العون وحمايته والاستجابة له أفعال تحدد مفهوم الشرف بقدر ما تحدد المصلحة.
وبهذا المقياس، لا تُقرأ سلسلة أبقيق – ميامي – باب المندب على أنها ثلاثة إخفاقات استراتيجية فحسب، بل أيضًا على أنها ثلاثة إخلالات بوعد كانت الرياض تعتقد أنها حصلت عليه: في عام 2019، بوعد بردّ لم يأتِ أبدًا؛ وفي عام 2026، مرتين متتاليتين، برفض تقديم المساعدة التي طلبها حليف أوفى هو نفسه بالتزاماته على مدى عقود. وبالنسبة إلى ثقافة يُثبت فيها الوفاء عند لحظة طلب العون، ليس بالكلام وحده أو بالخطابات الرنانة، فإن هذا الصمت يزن أثقل من مجرد خلاف تكتيكي.

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Abqaiq, Miami, Bab-el-Mandeb : La garantie américaine à l’épreuve des faits

jamais deux sans trois...
Dans cet article, Joël-François Dumont analyse l'érosion de la garantie de sécurité américaine envers les monarchies du Golfe à travers trois moments clés s'étalant de 2019 à 2026. L'auteur souligne un sentiment de trahison croissant à Riyad face à l'inaction militaire de Washington et aux humiliations publiques infligées par Donald Trump. Pendant que les États-Unis privilégient leurs propres intérêts stratégiques, des puissances comme la Chine et la Russie renforcent activement les capacités de leurs adversaires régionaux. En réaction, des pays tels que la France, le Royaume-Uni et même l'Ukraine interviennent pour combler ce vide sécuritaire. Ce basculement géopolitique pousse les États du Golfe à remettre en question la pérennité de leur dépendance financière et militaire envers un allié jugé désormais imprévisible.

La loyauté historique de l'Amérique est mise à l'épreuve par une nouvelle réalité multipolaire. Ces trois épisodes résonnent différemment dans le Golfe qu’ils ne le feraient ailleurs, et cette différence tient à une conception de l’alliance qui n’est pas celle de Washington.

Dans la tradition politique arabe, et singulièrement dans celle des monarchies du Golfe, la parole donnée — al-kalima — engage au même titre qu’un traité écrit ; la loyauté envers un allié qui a demandé assistance n’est pas une option diplomatique parmi d’autres, mais une obligation morale dont le manquement se retient durablement. C’est cette même culture qui fait de l’hospitalité (diyafa) une valeur cardinale : accueillir, protéger, répondre à celui qui sollicite une aide sont des actes qui définissent l’honneur autant que l’intérêt.

Mesurée à cette aune, la séquence Abqaiq-Miami-Bab-el-Mandeb ne se lit pas seulement comme trois défaillances stratégiques. Elle se lit comme trois manquements à une parole que Riyad croyait avoir reçue — en 2019, en promettant une réplique qui n’est jamais venue ; en 2026, deux fois de suite, en refusant l’assistance demandée par un allié qui avait, lui, tenu ses propres engagements pendant des décennies. Pour une culture où la loyauté se prouve dans l’instant de la demande et non dans le confort du discours, ce silence pèse plus lourd qu’un simple désaccord tactique.