Dans cette analyse, Françoise Thom démontre comment le Kremlin instrumentalise le scandale Epstein pour valider son récit d'un Occident intrinsèquement « satanique » et pédophile. Loin d'être un simple fait divers, l'affaire devient une arme de guerre informationnelle : elle justifie l'invasion de l'Ukraine (présentée comme une mission de sauvetage d'enfants face à des élites dépravées) et sert de levier pour discréditer les soutiens de Kiev (Starmer, Clinton, Macron). Françoise Thom souligne l'hypocrisie flagrante du pouvoir russe qui, tout en prônant les « valeurs traditionnelles », couvre des réseaux de prostitution similaires sur son propre sol. Enfin, elle analyse la récupération de l'affaire par l'idéologue Alexandre Douguine, qui y voit la preuve ultime de l'effondrement moral du monde libéral, rendant toute négociation impossible et imposant une « mobilisation totale » contre une civilisation qu'il juge irrécupérable.






