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Une vision commune qui tienne compte de nos différences d’appréciation

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Le premier est de mettre à la disposition de décideurs tant civils que militaires ou d’experts (analystes, chercheurs, industriels, journalistes spécialisés, notamment) des « textes de référence », des analyses, des études, des articles traitant des enjeux actuels vus sous l’angle de la défense et de la sécurité,. Des textes de qualité qui ne soient pas « saucissonnés »…

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Le détroit de Bab-el-Mandeb — Vers une action européenne ?

Sur le « potentiel militaire offensif des Houthis », qu’il juge peu modifié par la seule prise de contrôle territoriale : une enquête du Conflict Armament Research Center a documenté que le mouvement a discrètement perfectionné son arsenal ces dix-huit derniers mois, pendant que l’Iran et l’Arabie saoudite s’épuisaient dans la guerre ouverte — plus de 800 composants de missiles saisis, au moins dix types différents, avec des ingénieurs iraniens venus leur apprendre à les assembler eux-mêmes plutôt que d’en importer de complets. Seulement 5% de ces composants provenaient directement d’Iran, le reste ayant transité par seize autres pays.

Sur la « fatigue des moyens américains » évoquée à propos des élections de mi-mandat : les stocks américains de missiles intercepteurs Patriot PAC-3 seraient passés de plus de 2 300 unités avant la guerre d’Iran à environ 800 aujourd’hui selon le CSIS — une chute des deux tiers en six mois. Axios cite d’ailleurs nommément la France parmi les pays qui puisent, comme Israël et l’Ukraine, dans ce même réservoir américain déjà sous tension, ce qui éclaire d’un jour plus concret la réticence discrète des Européens à s’engager davantage.

Enfin, sur le ressentiment saoudien anticipé par l’amiral : le Times of Israel rapportait ces derniers jours que Donald Trump aurait opposé un refus explicite à une demande saoudienne de frappes contre les Houthis, des responsables américains ayant fait savoir vouloir « rester concentrés sur l’Iran et Ormuz plutôt que d’ouvrir un nouveau front » — malgré deux appels personnels de Mohammed ben Salmane. Riyad se retrouve donc, une fois de plus, à devoir compter sur ses seuls moyens.

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Sechzig Jahre gewählte Vasallentreue (1)

Wenn ich an Deutschland denke, und nicht nur nachts…
Frankreich hat es stets verstanden, in Berlin wie in London außergewöhnliche Botschafter zu ernennen — Männer und Frauen, die ihren Posten allein durch Charisma oder menschliche Qualität geprägt haben, weit über die bloße fachliche Kompetenz hinaus. Claude hinterließ beim Verlassen Berlins eine Lücke, die viele spürten. Sein würdiger Nachfolger heute, François Delattre, ist von demselben Schlag. Man muss hinzufügen, um die Aufgabe beider angemessen zu ermessen, dass Claude bei seiner Ankunft eine durch die Zeit ernsthaft beschädigte deutsch-französische Beziehung wiederaufbauen musste. Dieselbe Herausforderung stellt sich seinem Nachfolger seit dessen eigener Ankunft im Jahr 2022 — der sich allen Widrigkeiten zum Trotz bemüht, diese privilegierte Verbindung aufrechtzuerhalten, so wie er es sein ganzes Berufsleben lang getan hat.

Anders als die Diplomaten machen die französischen Militärs seit drei oder vier Jahren untereinander aus ihrer Enttäuschung über Deutschland keinen Hehl mehr — trotz einer durchaus realen Waffenbrüderschaft vor Ort, trotz gemeinsamer laufender Projekte. Doch diese Projekte bleiben begrenzt, sowohl im Umfang als auch im Ehrgeiz. Die französische Armee zählte lange ihre Germanisten; heute zählt sie kaum noch welche. Es gibt keinen Grund mehr, für große gemeinsame Rüstungsprojekte auf Deutschland zu zählen — eine Feststellung, die die Realität vor Ort schon vor vier oder fünf Jahren aufzwang. Wenn man den Vorstandsvorsitzenden von Dassault so sprechen hört, wie er es erneut vor der Nationalversammlung nach dem Scheitern des FCAS-Kampfjetprogramms getan hat, weiß jeder, der sich mit dem Thema ein wenig auskennt, dass er recht hat. Claudes Zeugnis, das bis in die 1960er-Jahre zurückreicht, bestätigt mit der Tiefe eines weiteren halben Jahrhunderts nur das, was die direkte Beobachtung bereits offenbart hatte.

Eine einzige Zahl genügt, um das Ausmaß des Verzichts zu ermessen: In sechzehn Jahren Kanzlerschaft kümmerte sich Angela Merkel so gut wie nie um Verteidigung oder Sicherheit. Diese Leerstelle will Deutschland nun auf einen Schlag füllen, indem es die militärische Führung des Kontinents beansprucht. Was Bush 1989 in Mainz eröffnete, ohne es beim Namen zu nennen, hatte ein französischer Botschafter dreißig Jahre zuvor bereits in seinen Umrissen erkannt.

Claude selbst legte im Herbst 2021 die Feder nieder, gerade als Merkel von der Bühne abtrat: „Ich hatte mein Zeugnis abgelegt. Es konnte dort enden.“ Unseres, zu diesem Thema, fängt gerade erst an — und der Leser, der neugierig ist, mehr darüber zu erfahren, was das heute bedeutet, wird nicht lange warten müssen: Ein zweiter Beitrag, der diesen fortsetzt, soll bereits morgen erscheinen.

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Sixty Years of Chosen Vassalage (1)

When I Think of Germany, and Not Only at Night…
France has always known how to appoint, in Berlin as in London, exceptional ambassadors — men and women who left their mark on the post through sheer charisma or human quality, far beyond technical competence alone. Claude left, on departing Berlin, a void that many felt. His worthy successor today, François Delattre, is cut from the same cloth. It should be added, to properly measure the task facing each of them, that Claude, on his arrival, had to rebuild a Franco-German relationship badly deteriorated by time. The same challenge has faced his successor since his own arrival in 2022 — who, against all odds, strives to maintain that privileged link, just as he did throughout his career.

Unlike the diplomats, for the past three or four years French military officers have stopped hiding, among themselves, their disillusionment with Germany — despite a very real fraternity of arms in the field, despite joint projects underway. But those projects remain limited, both in scope and ambition. The French army long counted its Germanists among its ranks; it barely counts any today. There is no longer any reason to count on Germany for major joint military programs — a conclusion the facts on the ground were already forcing four or five years ago. When one hears Dassault’s CEO speak as he did once again before the National Assembly after the collapse of the FCAS fighter-jet program, anyone who thinks they know the subject knows he is right. Claude’s testimony, reaching all the way back to the 1960s, only confirms, with the depth of an additional half-century, what direct observation had already revealed.

One figure alone is enough to measure the scale of the abdication: across sixteen years as chancellor, Angela Merkel scarcely concerned herself, ever, with defense or security. That vacuum, Germany now claims it can fill overnight, by demanding leadership of the continent’s armed forces. What Bush was opening at Mainz in 1989 without naming it, a French ambassador had already seen the outlines of thirty years earlier — and readers curious to learn more about what this means today will not have to wait long: a second piece, continuing this one, is due out tomorrow.

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Soixante ans de vassalité choisie (1)

Quand je pense à l’Allemagne, et pas seulement la nuit…
La France a toujours su nommer, à Berlin comme à Londres, des ambassadeurs d’exception — des hommes et des femmes. Certains ont marqué leur poste par leur charisme ou par leur qualité humaine, bien au-delà de la seule compétence technique. Claude Martin a laissé, en quittant Berlin, un vide que beaucoup ont ressenti. Son digne successeur aujourd’hui, François Delattre, est de la même trempe. Il faut ajouter, pour bien mesurer la tâche de l’un comme de l’autre, que Claude Martin, à son arrivée, avait dû reconstruire une relation franco-allemande sérieusement détériorée par le temps. Le même défi se pose aujourd’hui à son successeur depuis son arrivée en 2022 — qui, envers et contre tout, s’efforce de maintenir ce lien privilégié, comme il l’a fait tout au long de sa carrière.

Contrairement aux diplomates, depuis trois ou quatre ans, les militaires français ne cachent plus, entre eux, leur désillusion à l’égard de l’Allemagne — malgré une fraternité d’armes bien réelle sur le terrain, malgré des projets menés ensemble. Mais ces projets restent limités, en portée comme en ambition. L’armée française a longtemps compté ses germanistes ; elle n’en compte presque plus. Il n’y a plus lieu de compter sur l’Allemagne pour de grands projets militaires communs — un constat que le terrain imposait déjà il y a quatre ou cinq ans. Lorsqu’on entend le PDG de Dassault s’exprimer comme il l’a encore fait devant la représentation nationale après l’échec du SCAF, quand on croit connaître un peu le sujet, on sait qu’il a raison. Le témoignage de Claude Martin, remontant lui jusqu’aux années 1960, ne fait que confirmer, avec la profondeur d’un demi-siècle supplémentaire, ce que l’observation directe avait déjà révélé.

Un chiffre suffit à mesurer l’ampleur du renoncement : en seize années de chancellerie, Angela Merkel ne s’est pratiquement jamais occupée, ni de défense, ni de sécurité. Ce vide, aujourd’hui, l’Allemagne prétend le combler d’un coup, en réclamant le leadership militaire du continent. Ce que Bush ouvrait à Mayence en 1989 sans le nommer, un ambassadeur français en voyait déjà les linéaments trente ans plus tôt — et le lecteur curieux d’en savoir davantage sur ce que cela signifie aujourd’hui n’attendra pas longtemps : un second papier, qui prolonge celui-ci, doit paraître dès demain.

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CDU: The Revolt Ahead of Schedule

Decryption — Germany Seen From Outside: "Sehen Sie das auch?"

There is something vertiginous about reading, side by side, the German and French press on this same September 11. The headlines out of Hamburg, Frankfurt, and Munich count votes, seats, coalition scenarios, the Wüst-Söder rivalry — a meticulous, almost clinical arithmetic of a political system coming apart at the seams. The French press, with less raw material but more distance, asks straight away the question Germany, caught up in the vertigo of its own crisis, has not yet had the leisure to ask calmly: what does this shift say about the rest of the West?

The answer, perhaps, is contained in a single image: a network of former officials quietly exchanging a password — "Sehen Sie das auch?" — while the whole world, from Washington to Moscow, by way of Budapest and Madrid, already watches Germany as the next domino to fall. The restrained silence of this shadow republic, waiting for September 20 before speaking out loud, may be the surest sign that no one in Germany yet knows how to answer the question Focus put on its cover, in five capital letters: Wie weiter, Deutschland?